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Wiki de Vincent Planel
Anthropologue et imam (CV)

Vue du Hawdh al-Ashraf, cadre de ma socialisation au Yémen,
superposée aux versets 42 à 47 du Voyage Nocture :
« S’il y avait d'autres dieux que Lui… »
Reconverti aux sciences sociales à l’automne 2001 (après des études de physique), j’ai eu le privilège jusqu’en 2010 de séjourner plusieurs mois par an au Yémen, et d’y développer en toute liberté une démarche de sciences sociales généralistes (sociologie, histoire, anthropologie). À la fois grâce au soutien de mes institutions de rattachement (ENS, EHESS, Université de Nanterre puis d’Aix-Marseille), au régime° qui existait au Yémen à cette époque, grâce surtout à la patience et au courage de mes interlocuteurs locaux.
Se repentir de l'objectivisme
Je me convertis à l’islam en septembre 2007, au moment du retrait pour la rédaction de ma thèse (fin de deuxième année). À travers ce geste, je me repens d’une certaine manière de pratiquer les sciences sociales, que je nomme à l’époque objectivisme*. Par exemple, le fait de traiter les déboires professionnels et familiaux de Ziad comme un fait objectif, objectivement corrélé aux caractéristiques de tel « milieu » ou « classe sociale » - alors même que Ziad était le personnage principal de ma première étude quelques années plus tôt, aussi son dédicataire. Étude dont moi-même je n’étais pas sorti indemne : je me considérais depuis juin 2004 comme « homosexuel ». Mais voilà qu’en 2007, Ziad est diagnostiqué « schizophrène » puis traité aux électrochocs, sous prétexte qu’il refuse de devenir chef de la police des souks (poste occupé jusque là par son frère aîné, récemment décédé dans un accident de voiture). Voilà qu’il met le feu à sa maison le 19 août 2007, quelques heures après mon retour à Taez pour un quatrième séjour, et toute la société locale fait mine de ne pas voir la coïncidence…
Toujours, l’objectivisme conduit à séparer des éléments indissociables, constitutifs en réalité des mêmes faits. Ce n’est pas juste la « schizophrénie » de Ziad, ou « l’homosexualité » de Vincent (Mansour) : toute ma description de la société yéménite est à revoir, fondamentalement. Je me convertis à l’islam quelques semaines plus tard : pas pour les beaux yeux de Ziad, mais pour faire correctement mon travail, ne plus jamais me rendre complice d’objectivisme. Avant de tirer ma révérence, apprendre aux Yéménites ce que signifie l’ethnographie*.
Finalement, cette thèse ne verra jamais le jour. Pas faute de soutien académique (je reçois l’encouragement du CNRS en 2009, conserve jusqu’en 2013 le soutien ponctuel de l’ENS), mais faute de soutien dans la Communauté. Quelle que soit la manière dont je la tourne, cette histoire ne passe pas. Et je ne peux pas devenir musulman tout seul, sans admettre les contours d'une Communauté.
Dualisme ou double récompense : il faut choisir !
Rapatrié sur Sète à partir de 2014, je développe donc une critique interne, que je nomme anthropologie de l’islam* : une certaine tendance, chez les musulmans diplômés* et/ou en situation minoritaire, à se complaire dans une définition objectiviste de l’islam ; à se placer eux-mêmes sous l’objectif culturaliste* de l’anthropologie - quand bien même ils ne connaissent pas le nom de cette discipline (comme la plupart des Français).
L’anthropologie est une discipline et une tradition intellectuelle conçue par l’Europe* pour connaître les autres, en dépassant ses propres biais cognitifs et intellectuels : l’objectivisme déjà mentionné, et l’erreur plus fondamentale du dualisme* (entre le corps et l’esprit, l’idée et la matière – voir la critique développée par Gregory Bateson). Le désintérêt des musulmans diplômés n’est pas anodin : ceux-là voudraient s’accommoder des épistémologies* dualistes, et en même temps atteindre la double récompense promise dans le Saint Coran (28:54). Croyance typiquement postcoloniale*, dont les Yéménites paient l’addition amère depuis quinze ans, mais qui perdure jusqu’à ce jour chez les musulmans français. On veut rejouer la guerre d’indépendance dans le cyberespace, toucher le jackpot associé, et en même temps se dire solidaires de Gaza. Mais joindre la foi aux actes dans l’œil de l’anthropologue, cela ne fait pas un jihâd dans le sentier d’Allah : c’est l’anthropologie qui rafle la mise (6:136). Il ne suffit pas d’ignorer un terme pour que la chose cesse d’exister, de cultiver l’ignorance pour devenir des musulmans sincères. Cet activisme est nul (bâtil), voué à l’échec dans ce bas monde et dans l’Au-delà.
Pour développer une pensée originale, à l'articulation des contradictions yéménites et françaises, j'ouvre en 2022 ce site wiki.
En 2026, je reçois le diplôme d’imam de la Mosquée de Paris.
Trois sections principales :
1. Comprendre mon expérience au Yémen
= dans quelles circonstances exactes j’ai été conduit à confondre islam et homosexualité.
2. Explorer l'Histoire du monde
= aborder l’histoire des idées par l’anthropologie fondamentale et l’écologie de l’esprit.
3. Valoriser mon approche en France
= diagnostiques sur ce qui nous arrive.
Sections annexes :
Notices & Glossaire
Modèle(s) : mon cheminement théorique.
Théologie : tentative d’articulation comme anthropologue.
Méthodo : tentative d’articulation comme tâlib al-'ilm.
Ziad sur Facebook (2024).

Refonder la neutralité laïque de la théologie monothéiste, en relisant aujourd'hui La Nature et la Pensée (1979),
testament intellectuel de l’anthropologue Gregory Bateson (1904-1980).
Notices du wiki
Qui je suis?
Pourquoi un wiki?
Le code couleur
La tautologie de mon enquête ⇒ ![]()
Le coucou savoyard (un système cybernétique simple)
Frayer vers l’Islam un nouveau chemin de sciences sociales
Glossaire : Abduction Agencement Alliance Alliance d’enquête Anthropologie Anthropologie de l’islam Anthropologue-musulman Archéologie Batesonien Binarisme Cartésianisme Coévolution Concordisme Configuration Coranique Critique Culturalisme Cumulativité Cybernétique Djihadisme Double contrainte Dualisme Écologie mentale Embryologie Épigenèse Épistémologie Esprit Essentialisme Ethnographie Ethnologie Europe Explication Féminisme Gestalt Hanbalisme Homéostasie Homoérotisme Homologie Homosexuel Honneur Hystérésis Idolâtrie Incarnation Indigène Intégration Intellectualisme Interaction Intersectionnalité Intersexuation Intuition Islam Islamique Islamophobie Littéraire Logos Mamelouk Matrice monothéiste Métacommunication Microhistoire Modèle d’Ising Modernité Monothéisme Multisite Musulman diplômé Objectivisme Observation participante Occident Ontogenèse Orient Philologie Philosophie Postcolonial Postmoderne Printemps arabe Prophète Puritanisme Raison Raison graphique Réductionnisme Réflexivité Réification Rupture de symétrie Sémiotique Schismogenèse Science Scolastique Segmentarité Sevrage Sionisme Structure Social Sociologie Syllogisme Tautologie Totémisme Transition de phase Type logique Université
Résumés des sections
• Islam muflis (mars 2025)
À partir de 2003 et pendant une dizaine d’années, j’ai mené une enquête anthropologique par immersion dans un petit quartier au centre de Taez, la troisième ville du Yémen. Mon travail portait sur les mutations sociales et l’évolution du sens de l’honneur, appréhendé par les pratiques de la sociabilité masculine, et en particulier leur dimension « genrée » (vulgarité, féminisation de l’interlocuteur, boutades homoérotiques - voir résumé de 2008).
Cette section s'organise autour d'éléments rendus publics après décembre 2017, quant aux circonstances de mon premier passage à l'écriture (octobre 2003). Elle restitue la complexité d'une situation ethnographique à partir de 4 index : Personnes, Moments, Contextes, Processus.
Le carrefour de Hawdh al-Ashraf au centre de Taez : cadre de mon enquête au Yémen dans les années 2000, puis symbole de la division du pays.
• Histoire de l’islam et des civilisations (proposition pédagogique 2025)
À force d’efforts pour négocier théoriquement mon approche dans le monde académique, pour surmonter un malentendu en fait structurel (lié à ma formation scientifique initiale), et contraint finalement d'enseigner les mathématiques, j'ai conçu peu à peu les grandes lignes d’une anthropologie de l’Europe*, et de l’institution universitaire elle-même.
En connivence avec quelques (1) auteurs de référence, je mène des (2) excursions en pirate vers quelques grandes questions historiques, risque quelques (3) éclairages sur l’actualité géopolitique, et tente d’avancer quelques (4) propositions générales, quant à ce que j’appelle « matrice monothéiste ».
Je m’autorise dans cette démarche de Gregory Bateson, grand anthropologue du XXe siècle que je tire vers les problématiques du XXIe : une relecture organique de l’histoire des idées, éclairant le rôle de l'Islam* et de la civilisation monothéiste comme métacontexte* (plutôt qu'une succession de « petits génies » médiévaux, censés avoir été des Descartes et des Newton avant l’heure - on cite toujours les mêmes : Avicenne, Averroès, Ibn Khaldoun…).
Début 2014 je décide de m’installer à Sète, petite ville portuaire près de Montpellier, où j’ai un peu de famille et où vit une importante communauté musulmane (essentiellement d’origine marocaine). N'ayant connu jusque là que la tour d’ivoire académique et une immersion dans la société yéménite strictement individuelle, je constate la difficulté de m’articuler aux savoirs-faire existants dans le domaine du travail social et socio-culturel. J’entame néanmoins en 2016, en lien avec les tragédies qui frappent alors la société française, une formation en droit sur les questions de laïcité, et poursuis ma formation autodidacte en théologie monothéiste comparée. Fin 2018, peu après ma reprise d’écriture, l’irruption du mouvement Gilet Jaune me ramène vers l’engagement citoyen.
Cette section rassemble un certain nombre de propositions (laïcité, genre, social, institutions…), formulées à partir de cette ville à taille humaine, société française en modèle réduit. Ma période sétoise se conclut par ma tentative d'expatriation en Arabie Saoudite (2022).
est un outil de travail et de réflexion.
Pour mes propositions de formation, médiation et conseil, voir le site Orient-laicité.fr
• Localiser le sionisme musulman (juin 2025)
Attendre des musulmans une participation intellectuelle et/ou citoyenne, sans prendre en compte l’écologie mentale* spécifique qui régit le rapport de l’islam aux institutions européennes* : telle est la contradiction dans laquelle l’ère postcoloniale* nous a collectivement plongés. Contradiction dont j’ai fait par moi-même l’expérience au Yémen, à travers cette démarche de sciences sociales réflexives, qui espérait établir des relations intellectuelles symétriques et égalitaires. Une contradiction que les régimes autoritaires, notamment arabes jusqu’à l’année 2011, avaient pour fonction objective d’assumer, et que nos dirigeants assument toujours aujourd’hui par pragmatisme, le plus souvent sans adhésion réelle des forces intellectuelles de la Communauté.
Dans ce contexte, certaines hypothèses semblent contre-productives, n’étant pas de nature à éclairer la situation historique que nous traversons : celle du « complot des puissances » infidèles et/ou réactionnaires (dominante par exemple à Taez) ou celle de « l'islamophobie » institutionnelle (dominante parmi les musulmans de France). À mes yeux, ces hypothèses témoignent d’un déficit structurel dans notre lecture théologique du monde contemporain : nous ne savons pas encore intégrer correctement, dans sa complexité propre, la dimension monothéiste de l'histoire européenne. Nos contemporains non-musulmans souvent n'y arrivent pas plus, mais justement : notre mission spécifique ne réside-t-elle pas là? L’enjeu n’est donc pas une réforme de l’islam, plutôt une réforme du comportement intellectuel des musulmans diplômés.
Malgré une formation très insuffisante en sciences islamiques, je me permets de partager quelques lectures personnelles du texte coranique et de l'orthodoxie sunnite ('aqîda), partant des exigences spécifiques de l’engagement intellectuel dans la description et l’analyse du réel. Soit l'esquisse d'une « théologie » batesonienne : un méta-commentaire des fondamentaux de la foi musulmane, articulés aux fondamentaux d'une science sociale généraliste (histoire, anthropologie fondamentale, épistémologie). Bagage que je crois indispensable à tout musulman souhaitant aborder l'hypothèse du Social* de manière critique et responsable, à la lumière de sa foi.

L'anthropologie de l'islam* : un conflit psychique interne aux subjectivités musulmanes diplômées*…
(Caricature de Gary Larson, 1984)
Modèle(s). Dans sa phase de construction (isolé dans la société yéménite), le coeur théorique de ma recherche était une combinaison des études de genre et de la physique des transitions de phase*. D’où le code couleur avec les spins « up » (↑) et « down » (↓), mais aussi la possibilité d’une échappée (○). À la faveur de ma conversion au retrait (après 2007), ce modèle a finalement convergé vers une anthropologie batesonienne* (c’est-à-dire biologique) de la matrice monothéiste*.

Ani Difranco (mon alter-ego féministe)
Ziad a mis le feu à sa maison il y a 19 ans, 1 mois, 27 jours. Merci d’invoquer pour lui 🤲





