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Valoriser : mes propositions d'anthropologue musulman laïque

(Intro 2023)

Je suis un anthropologue musulman laïque. Non pas un chercheur de culture musulmane converti à la laïcité, mais un chercheur de culture laïque qui, face à l'impasse, s'est déplacé sur le terrain de la théologie monothéiste, toujours dans une perspective d'anthropologie générale.
Par ailleurs, un « chercheur de culture musulmane converti à la laïcité », ça n'existe pas. L'islam n'est pas une culture, et la laïcité n'est pas une religion. Une confusion à dénouer dans chaque lieu, dans chaque institution.

Volet laïcité

En 2021, j'ai fondé Orient-laicite.fr, une entreprise de formation, médiation & conseil.

le logo d'ORIENT laïcité

Argumentaire : L'Orient, lieu de laïcité

Café-débat

Au-delà des techniques d'intervention proposées, le pari est d'accueillir d'abord notre histoire le temps d'une pause-café : la situation dans laquelle les sciences sociales nous ont plongé, Ziad et moi ainsi que nos familles respectives. Une petite histoire toute simple finalement, mais qui en dit long sur les impensés du monde contemporain, et qui permet de déplacer les lignes tenues pour acquises, concernant le moyen-orient, concernant le passé, concernant qui nous sommes.

Support visuel au format « Kakemono »

Médico / Social

  • La passion du social
    Tout se passe comme si le basculement du Moyen-Orient dans la guerre, ces deux dernières décennies, avait ôté leur boussole à tous les travailleurs sociaux… (critique de deux films récents).
  • Psychiatrie et ethno-psychiatrie.
  • Aide sociale à l'enfance.

Lutte contre la radicalisation

L'été 2016, constatant l'impasse de mon projet de vie comme prof de maths, j'ai compris qu'il me fallait « entrer dans la mêlée » de ces questions difficiles. Parallèlement à une formation à la Fac de Droit de Montpellier (DU Religions et société démocratique), je me suis longuement confronté aux sources de l'affaire Merah, survenue quatre ans plus tôt (2012) à l'interface des quinquennats Sarkozy et Hollande.

Certains de mes résultats sont là : Chantier Merah

La bonne compréhension de cette première tragédie est décisive, pour mieux penser les attentats ultérieurs. Ceux-ci ne forment pas une “vague” venue d'ailleurs qui aurait “frappé” la France, comme on a coutume de le dire. De cette histoire douloureuse, je propose une vision dynamique, vivante, qui nous reconnecte à nos responsabilités collectives.

D'autres billets, sur mon blog Médiapart, sont pertinents pour comprendre la crise de la participation citoyenne chez les diplômés musulmans français - crise qui s'adosse en fait aux démissions de tous :

Questions de société

Remises en perspective, à la lumière de notre ethnographie multi-située :

Académique

Une section académique, oeuvrant pour que l'institution assume lucidement sa part de cette petite histoire, et trouve mieux sa place dans les bouleversements contemporains.
Y compris sur la crise yéménite, mais malheureusement les choses ne peuvent pas être posées à cette échelle (reprise du colloque d'Exeter en 2019).

Retrouver notre capacité d’agir au XXIe siècle

En fait, les sciences sociales gagneraient à se doter d'une sorte d'“inégalité d'Heisenberg”, posant une limite sur le cumul_des_vulgarites.

Scénographie

À l'origine de ce wiki, il y a surtout des projets de valorisation artistique ou littéraire, issus de mon entourage sétois :


Accueil théologie
(en chantier)

Valoriser (intro 2023)

30 décembre 2022

Cette section présente les applications de ma démarche dans l’éclairage du monde contemporain, ou plutôt le décryptage des messages qu’il nous fait parvenir : faits divers, problématiques sociétales, films et œuvres de fiction…

Dans ces situations diverses et variées, je décèle chaque fois « quelque chose qui cloche », un décalage du geste et de la parole, que cherche à surmonter l’auteur ou producteur du message : comment recoudre le réel avec du sparadrap. En fait, j’y retrouve les paradoxes dont j’ai fait l’expérience dans l’épreuve de cette thèse impossible : une caractéristique épistémologique* de notre époque postcoloniale* tardive.

Pour toucher du doigt cette caractéristique épistémologique, nous pouvons nous laisser guider par la question du genre dans la production des connaissances. À travers l’Orientalisme de l’époque coloniale, l’approche du Moyen-Orient était encadrée par des institutions intrinsèquement masculines (université, église, armée). Puis les sciences humaines ont connu un processus historique de féminisation, en même temps que les Décolonisations. Dorénavant, des femmes peuvent s’aventurer dans la compréhension de tous les univers sociaux, même ceux dominés par des hommes.

Dans les territoires anciennement colonisés, cette possibilité est garantie par des « régimes », dont seuls les Occidentaux ignorent qu’ils ne sont là que pour leurs beaux yeux - pour rendre possible leur regard, et l’accompagner avec galanterie. Encore dans les années 1950, l’imam Ahmad pouvait se permettre de faire des avances à une médecin française (comme le raconte Claudie Fayen). Un tel geste est inconcevable venant d’un Président, parce que l’État Nation joue là sa légitimité : on ne peut à la fois jouir du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », et jouir des personnes dont le regard permet de se constituer en tant que peuple.
Dans l’incident d’octobre 2003, il est absolument absurde d’imaginer que j’aurais pu être abusé, que l’intention aurait pu venir de Waddah (il aurait risqué sa tête…). L’intention venait nécessairement de moi, bien que mes représentations faisaient écran. C’est pourquoi la reconnaissance subjective de mon « homosexualité » était un préalable à mon retour sur le terrain (juin 2004), à la reconnaissance de mon sens de l’honneur, et à mon intégration dans cette société.
Je ne sais pas comment les autres chercheurs se sont débrouillés de cette contrainte : je sais seulement que beaucoup ont fini bunkerisés, en vertu d’une « menace » qu’ils étaient eux-mêmes missionnés pour évaluer. À la chute du Président, le mécanisme s’inverse : les institutions internationales mettent la société à feu et à sang, mais sans s’en apercevoir. Ces failles cognitives ne se révèlent qu’au moment de l’évacuation générale : lorsque les anthropologues sont hélitreuillés, flanqués de leurs informateurs.

Jusqu’à ce jour, la société française n’est pas consciente des brèches qui se sont ouvertes dans sa vision du monde. Aussi les gens attribuent-ils l’échec de ma thèse à une radicalité déraisonnable dont je me serais rendu coupable, par exemple dans mes rapports avec mes directrices de thèse. Pour valoriser la relation que j’ai construit avec Taez, je n’ai d’autre choix que de donner mon avis ici et là, en espérant qu'il soit un jour reconnu. Mais personne ne veut vraiment savoir comment l’ère postcoloniale a rétréci notre univers, en rétrécissant les modalités de l’ethnographie. Dorénavant on peut entrer sur le terrain par son concubin (Florence Weber dans le monde ouvrier), par son père (Jocelyne Dakhlia dans le Sud tunisien), mais pas en sortir comme je l’ai fait : par respect pour un homme, en vue d’une alliance ultérieure. Malgré l’engagement sincère de deux chercheuses éminentes, je n’ai pas pu négocier l’inscription de ma thèse dans le réel : ni avec mes collègues travaillant sur le Yémen, ni avec mes coreligionnaires musulmans. Ceci parce que les sciences sociales vivent une situation hégémonique depuis 50 ou 70 ans. Et par leur fonctionnement-même, les sciences sociales sélectionnent les études qui maintiennent l’illusion de leur cumulativité*.

La biologie a acquis sa scientificité - tout le monde l'a oublié aujourd'hui - en formulant patiemment des hypothèses sur les rapports entre phylogenèse et ontogenèse*. Pour nous, cela correspond à l’anthropologie historique (représentée ici par Jocelyne Dakhlia) et l’ethnographie réflexive (représentée ici par Florence Weber). Mais en sciences sociales, personne ne va se demander si ces deux démarches sont compatibles, si elles peuvent réellement être combinées. On attend que quelqu’un y arrive pour citer son étude, mais s’il n’y arrive pas on le considère comme fou. On laisse agir la « sélection naturelle », qui n’est que le reflet des règles académiques.

Plus rien ne pouvant s’opposer à leur hégémonie, les sciences sociales se montrent toujours plus réflexives, dans des horizons toujours plus rétrécis. Bateson pourtant nous prévenait déjà dans les années 1960 :

« Chaque nouvelle étape vers l'élargissement de la conscience éloigne d'avantage le système d'un état de conscience total » (citation n°3).

Fondamentalement, la synthèse entre ethnographie réflexive et anthropologie historique ne se résout que dans l’approche cybernétique*. Il faut se mettre aux prises avec les structures dans leur dynamique évolutive, d’une manière que seule peut pratiquer la théologie. Face aux défis actuels, les sciences sociales seront l’arène d’une laïcité repensée, ou elles devront se résoudre à mourir, décrédibilisées.

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fr/valoriser/accueil.txt · Dernière modification : 2023/01/25 17:28 de mansour