Philologie

Du grec : l’amour (philo-) des mots ou des textes (-logie).
Les disciplines philologiques sont des disciplines littéraires par excellence, qui se spécialisent dans une langue ou un corpus donné : Égypte ancienne (hiéroglyphes), traditions bibliques (hébreux ou grec, araméen et arabe), théologie médiévale (latine et arabe), traditions vernaculaires (vieux français), etc.. Elles développent chaque fois des savoir-faire spécifiques : dater les manuscrits, connaître l’évolution des termes selon les époques, distinguer un texte original de ses reprises ultérieures, parfois même le reconstituer… L’approche philologique conçoit l’accès au corpus comme une fin en soi, indépendamment de toute re-conceptualisation - contrairement à l’approche philosophique*, et contrairement à l’approche sociologique a fortiori.

En France, l’établissement d’excellence des disciplines philologiques est l’École Pratique des Hautes Études (EPHE), fondée en 1868 sur le modèle de l’érudition allemande. Après la seconde guerre mondiale, l’approche philologique est marginalisée par la montée en puissance du paradigme sociologique*, indissociable d’une forme de réductionnisme* : l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS, à l’origine VIe section de l’EPHE, pèse aux alentours de 40M€ de budget annuel, contre 4M€ pour la maison-mère.
Toutefois en ce qui concerne l’étude de l’Islam*, les sciences sociales sont aujourd’hui plombées par une suspicion latente « d’islamo-gauchisme » : l’heure est au « réarmement » des compétences philologiques, encouragé par l’État à travers la création institutionnelle de l’islamologie*.