Imaginez le Yémen sans Taez (Ghassân Abou Oudaï)
13 mars 2022
Un petit texte tout simple, signé Ghassân Abou Oudaï, qui prend le contre-pieds des représentations habituelles du pays.
Où le lecteur yéménite découvre que Taez est dans tout, qu'elle ne représente rien d'autre que la société réelle.
Pouvez-vous seulement imaginer le Yémen sans Taez?
Moi je ne le peux pas : quelle forme aurait le Yémen s'il n'y avait pas Taez?
Imaginez le Yémen sans toute cette diversité qui le submerge depuis Taez :
sans la science et la culture ;
sans l'amour, la passion et l'art ;
sans la blague et l'humeur maussade ;
sans le combat et la révolution, la transcendance et la gloire ;
sans les esprits partisans, odieux et querelleurs, ni les pauvres intègres, amoureux du Yémen, ni même les vieux hommes d'affaires ;
le Yémen sans Ayoub1)…
Imaginez les rues de Sanaa, ses quartiers, privés de ses Taezis, et imaginez [les quartiers d'Aden] al-Ma'alla, Khor Maksar et Sila, sans les jeunes de Taez ;
imaginez Marib, al-Mohra, Soqotra, Sa'da et al-Mukalla, privées des gens de Taez. Imaginez les étudiants d'université sans les jeunes de Taez.
Imaginez le Facebook yéménite sans les querelleurs de Taez, hahaha…
La vie aurait-elle du goût, l'atmosphère sa gaité, la simplicité qu'apportent les garçons de cafés, qui se lèvent chaque matin avec le soleil, saluent les gens et distribuent les sourires - //« Salue ton oncle, fiston! » - et le médecin, et l'ingénieur, le professeur et le militaire, le coiffeur et le balayeur, qui nous submergent de leur simplicité, de leur humilité, rayons de lumière et sel de la vie.//
Taez, si elle n'était une ville à inspirer la vie au Yémen, serait une sourate du Coran.
#Taez, tu es ma passion.
