| > //« …Hier après notre échange, j’ai découvert cette archive de Jeanne Favret-Saada. Ça m’a fait un choc de la voir jeune, elle que j’ai toujours considéré comme une autorité, une mère intellectuelle. Tout à coup, une sorte de perversité m’a sauté aux yeux, dans cette manière de se laisser « affecter ». Toute la soirée ça m’a trotté dans la tête : Qu’est-ce qu’elle fabriquait au juste ? Est-ce parce qu’elle était juive tunisienne ? Ma « mère » était-elle une prostituée ?…\\ Ce matin j’ai les idées plus claires. Je pense c’était vraiment une époque, un retour de balancier après le fascisme, surtout pour cette génération qui n’avait pas connu la guerre. Avec la cohérence et l’entièreté de la jeunesse, les soixante-huitards incarnaient les nouvelles valeurs énoncées en 1945, par cette passion de faire corps avec la société. [[fr:comprendre:personnes:vincent|La maison où j’ai grandi]], où ma mère avait son cabinet, s’inscrit dans cette époque aussi. »// | > //« …Hier après notre échange, j’ai découvert cette archive de Jeanne Favret-Saada. Ça m’a fait un choc de la voir jeune, elle que j’ai toujours considéré comme une autorité, une mère intellectuelle. Tout à coup, une sorte de perversité m’a sauté aux yeux, dans cette manière de se laisser « affecter ». Toute la soirée ça m’a trotté dans la tête : Qu’est-ce qu’elle fabriquait au juste ? Est-ce parce qu’elle était juive tunisienne ? Ma « mère » était-elle une prostituée ?…\\ Ce matin j’ai les idées plus claires. Je pense c’était vraiment une époque, un retour de balancier après le fascisme, surtout pour cette génération qui n’avait pas connu la guerre. Avec la cohérence et l’entièreté de la jeunesse, les soixante-huitards incarnaient les nouvelles valeurs énoncées en 1945, par cette passion de faire corps avec la société. [[fr:comprendre:personnes:vincent|La maison où j’ai grandi]], où ma mère avait son cabinet, s’inscrit dans cette époque aussi. »// |