Outils pour utilisateurs

Outils du site


fr:explorer:auteurs:amelie_nothomb

Différences

Ci-dessous, les différences entre deux révisions de la page.

Lien vers cette vue comparative

Les deux révisions précédentesRévision précédente
Prochaine révision
Révision précédente
fr:explorer:auteurs:amelie_nothomb [2026/08/27 16:37] mansourfr:explorer:auteurs:amelie_nothomb [2026/08/27 18:11] (Version actuelle) mansour
Ligne 14: Ligne 14:
 Fille d’un diplomate belge d’ascendance catholique et aristocratique, Amélie Nothomb a grandi d’abord au Japon, puis en Chine. À l’âge de douze ans, en compagnie de sa famille sur une plage du Bengladesh, elle dit avoir subi un viol collectif : Fille d’un diplomate belge d’ascendance catholique et aristocratique, Amélie Nothomb a grandi d’abord au Japon, puis en Chine. À l’âge de douze ans, en compagnie de sa famille sur une plage du Bengladesh, elle dit avoir subi un viol collectif :
 > //« Je pars nager et je suis déjà loin du rivage quand je sens un très grand nombre de mains qui me saisissent par en bas, qui me dépouillent de mon maillot et qui me violent. (…) Les mains m’ont lâchée. Et on a vu plus loin sortir de l’eau quatre hommes de vingt ans, qui se sont enfuis et qui n’ont pas été inquiétés. »//(([[https://www.madmoizelle.com/des-mains-de-la-mer-semparerent-de-moi-amelie-nothomb-evoque-le-viol-collectif-quelle-a-subi-a-12-ans-1567177|« “Des mains de la mer s’emparèrent de moi” : Amélie Nothomb évoque le viol collectif qu’elle a subi à 12 ans »]].)). > //« Je pars nager et je suis déjà loin du rivage quand je sens un très grand nombre de mains qui me saisissent par en bas, qui me dépouillent de mon maillot et qui me violent. (…) Les mains m’ont lâchée. Et on a vu plus loin sortir de l’eau quatre hommes de vingt ans, qui se sont enfuis et qui n’ont pas été inquiétés. »//(([[https://www.madmoizelle.com/des-mains-de-la-mer-semparerent-de-moi-amelie-nothomb-evoque-le-viol-collectif-quelle-a-subi-a-12-ans-1567177|« “Des mains de la mer s’emparèrent de moi” : Amélie Nothomb évoque le viol collectif qu’elle a subi à 12 ans »]].)).
-<WRAP centeralign lo> +<WRAP centeralign lo>{{ youtube>1c6dVdnMO64?start=376&end=792 }} //Amélie Nothomb le 28 août 2023 sur France Inter (extrait de 7') :\\ considérations sincères sur la mémoire et l'écriture du traumatisme.//</WRAP>
-{{ youtube>1c6dVdnMO64?start=376&end=792 }} +
-//Amélie Nothomb le 28 août 2023 sur France Inter (extrait de 7') :\\ considérations sincères sur la mémoire et l'écriture du traumatisme.// +
-</WRAP>+
 > //« Je pense que ma mère m'a sauvé la vie, encore une fois, non seulement parce qu'elle est allée me chercher dans l'eau en hurlant, mais parce que quand elle m'a retirée de l'eau, elle a dit les seuls deux mots qui ont été prononcés sur cette affaire, elle a dit “Pauvre petite !”. Merci maman d'avoir dit ça, parce que grâce à ça, j'ai su que je n'étais pas complètement folle, que ce qui m'était arrivé était réel et qu'ils savaient. »//(([[https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/a-voix-nue/la-celebrite-la-personne-et-la-personnalite-3841472|« La célébrité : la personne et la personnalité »]], épisode 4 de la série d’entretiens //À voix nue//, vers 04:58 (première diffusion sur //France Culture// le jeudi 29 août 2019).)) > //« Je pense que ma mère m'a sauvé la vie, encore une fois, non seulement parce qu'elle est allée me chercher dans l'eau en hurlant, mais parce que quand elle m'a retirée de l'eau, elle a dit les seuls deux mots qui ont été prononcés sur cette affaire, elle a dit “Pauvre petite !”. Merci maman d'avoir dit ça, parce que grâce à ça, j'ai su que je n'étais pas complètement folle, que ce qui m'était arrivé était réel et qu'ils savaient. »//(([[https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/a-voix-nue/la-celebrite-la-personne-et-la-personnalite-3841472|« La célébrité : la personne et la personnalité »]], épisode 4 de la série d’entretiens //À voix nue//, vers 04:58 (première diffusion sur //France Culture// le jeudi 29 août 2019).))
  
Ligne 26: Ligne 23:
 En effet, la différence entre moi et Amélie Nothomb, entre un anthropologue et la fille d’un diplomate, c’est que je suis censé reconnaître les personnes avec lesquelles j’interagis. Quelque soit leur intérêt d’un point de vue fictionnel, ils ne peuvent être juste « des mains », ni même juste des personnages. L’écriture anthropologique exige d’avoir affaire à des //personnes//, qui peuvent potentiellement parler elles-mêmes, livrer leur propre version des faits. L’écriture anthropologique restitue des //visages// prêts à s’exprimer, dès qu’un lecteur consent à les lire. En effet, la différence entre moi et Amélie Nothomb, entre un anthropologue et la fille d’un diplomate, c’est que je suis censé reconnaître les personnes avec lesquelles j’interagis. Quelque soit leur intérêt d’un point de vue fictionnel, ils ne peuvent être juste « des mains », ni même juste des personnages. L’écriture anthropologique exige d’avoir affaire à des //personnes//, qui peuvent potentiellement parler elles-mêmes, livrer leur propre version des faits. L’écriture anthropologique restitue des //visages// prêts à s’exprimer, dès qu’un lecteur consent à les lire.
  
-Tout le paradoxe est que, dans des circonstances bien particulières, cette contrainte d’écriture m’ait conduit à //me faire violer//, au sens le plus actif du terme : le choix conscient et délibéré d’une transaction sexuelle pour sauver la face, ou plutôt //des faces// - garder contact avec des visages, en restant fidèle à moi-même. Ça s’est passé dans la capitale Sanaa en [[fr:comprendre:moments:accueil#octobre 2003]], dans les dernières semaines de ma première enquête, en vue de ma maîtrise. Autrement dit, lors du premier arrachement à ce bain. Très exactement à l’interface entre la tenue quotidienne du carnet de terrain, et une autre forme d’écriture : le traitement //a posteriori// des « matériaux »conçu pour pallier leur insuffisance - le tout menant à l’écriture académique, qui fut un franc succès en l’occurrence (« Mention Très Bien »).+Tout le paradoxe est que, dans des circonstances bien particulières, cette contrainte d’écriture m’ait conduit à //me faire violer//, au sens le plus actif du terme : le choix conscient et délibéré d’une transaction sexuelle pour sauver la face, ou plutôt //des faces// - garder contact avec des visages, en restant fidèle à moi-même. Ça s’est passé dans la capitale Sanaa en [[fr:comprendre:moments:accueil#octobre 2003]], dans les dernières semaines de ma première enquête, en vue de ma [[..:..:comprendre:textes:academia:maitrise|maîtrise]]. Autrement dit, lors du premier arrachement à ce bain. Très exactement à l’interface entre la tenue quotidienne du carnet de terrain, et une seconde forme d’écriture : le traitement rétrospectif de la premièreconçue pour en pallier les insuffisances - le tout menant à l’écriture académique, qui fut un franc succès en l’occurrence (« Mention Très Bien »).
  
-Je suis donc comme Amélie Nothomb, vraiment. Comme elle je pense, je travaille toujours à la lisière de la vraisemblance sociologique et du fantasme. À ceci près que ce traumatisme inaugural est posé chez moi en pleine lumière : pas juste des mains dans les flots et la pénombre, mais des visages, que je mets le lecteur au défi de rencontrer.+Je suis donc comme Amélie Nothomb, vraiment. Comme elle je pense, je travaille toujours à la lisière de la vraisemblance sociologique et du fantasme inspiré. À ceci près que ce traumatisme inaugural est posé chez moi en pleine lumière : pas juste des mains dans les flots et la pénombre, mais des visages, que je mets le lecteur au défi de rencontrer.
  
 <WRAP rightalign> <WRAP rightalign>
fr/explorer/auteurs/amelie_nothomb.1787841438.txt.gz · Dernière modification : de mansour

Donate Powered by PHP Valid HTML5 Valid CSS Driven by DokuWiki