Dans la logique européenne, l’homosexualité est un trait de //nature// : elle se définit comme l’une des valeurs possibles de l’//orientation sexuelle//, pensée comme une caractéristique intrinsèque de l’individu. L’histoire de cette notion a été travaillée en détail par Michel Foucault, mais il suffira ici de constater sa parenté avec l’invention de la génétique : quand on parle d’homosexualité, on considère en fait que tout individu est porteur du gène « orientation sexuelle », dont il existe une version dominante (« hétérosexualité ») et une version récessive (« homosexualité »). Ce cadre ainsi posé, on rêve d’une société idéale où chaque individu trouverait le chemin de sa « prime nature » (//fitra//[[fr:termes#fitra|°]]), s’épanouirait dans le phénotype correspondant à son génotype. Or la seule manière de déterminer un génotype, comme chaque sait((Nonobstant les techniques de séquençage génétique les plus récentes, qui n’effacent pas le cheminement intellectuel de la discipline, ni la nature fondamentale du problème posé.)), est de mettre en série les phénotypes. D’où la possibilité qu’une personne fasse une expérience homosexuelle mais ne le soit pas vraiment : cette éventualité est absolument nécessaire, sans quoi tout le modèle s’effondre. Le modèle exige de reproduire les « expériences sexuelles », comme on aligne les tubes à essai ou la reproduction des drosophiles - afin de « faire parler son sexe », comme dirait Foucault dans son //Histoire de la sexualité//. | Dans la logique européenne, l’homosexualité est un trait de //nature// : elle se définit comme l’une des valeurs possibles de l’//orientation sexuelle//, pensée comme une caractéristique intrinsèque de l’individu. L’histoire de cette notion a été travaillée en détail par Michel Foucault, mais il suffira ici de constater sa parenté avec l’invention de la génétique : quand on parle d’homosexualité, on considère en fait que tout individu est porteur du gène « orientation sexuelle », dont il existe une version dominante (« hétérosexualité ») et une version récessive (« homosexualité »). Ce cadre ainsi posé, on rêve d’une société idéale où chaque individu trouverait le chemin de sa « prime nature » (//fitra//[[fr:termes:fitra|°]]), s’épanouirait dans le phénotype correspondant à son génotype. Or la seule manière de déterminer un génotype, comme chaque sait((Nonobstant les techniques de séquençage génétique les plus récentes, qui n’effacent pas le cheminement intellectuel de la discipline, ni la nature fondamentale du problème posé.)), est de mettre en série les phénotypes. D’où la possibilité qu’une personne fasse une expérience homosexuelle mais ne le soit pas vraiment : cette éventualité est absolument nécessaire, sans quoi tout le modèle s’effondre. Le modèle exige de reproduire les « expériences sexuelles », comme on aligne les tubes à essai ou la reproduction des drosophiles - afin de « faire parler son sexe », comme dirait Foucault dans son //Histoire de la sexualité//. |