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| fr:comprendre:moments:2010_11_10-mon_dernier_jour_a_taez [2025/03/04 12:57] – ajout vidéo (Most of the time, chanson traduite en 2011). mansour | fr:comprendre:moments:2010_11_10-mon_dernier_jour_a_taez [2026/10/30 21:30] (Version actuelle) – correction syntaxe (suite MàJ Dokuwiki) mansour |
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| Au début, je raconte l’incident survenu la veille, le 26 octobre : | Au début, je raconte l’incident survenu la veille, le 26 octobre : |
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| > //« Nous revenions à Taez avec Ammar après une longue balade sur les hauteurs de Djébel Sabir, et Ammar avait proposé de s'arrêter dans un restaurant “standing” pour y manger un hamburger. Quelques instants après nous, entraient deux jeunes femmes d'allure européenne, accompagnées de deux Yéménites.\\ Nous mangeons nos hamburgers, et j'essaie d'ignorer les remarques de Ammar sur les charmes respectifs de chacune d'elles. Je lui dis même “'Ayb, comme les Yéménites, tu ne fais pas de commentaire…”. Mais à la fin je décide d'aller les voir, pour me renseigner sur ce qu'elles font à Taez. Toutes deux sont à DIA((DIA - Social Justice in Development : association humanitaire basée à Marseille, qui intervenait sur Taez auprès des //akhdâm// (population noire locale qui forme une caste stigmatisée).)) : Rebecca depuis 2 ans, Ilham depuis 4 mois. “Tu es là depuis juillet? Comment ça se fait? Il y a quatre Français à Taez, et on ne te connait pas?” L'autre (qui a lu mes articles) remarque : “C'est un ethnologue, il est fondu dans la société...”. Je leur dis que je serais heureux de les rencontrer, s'il y a une occasion. Mais je ressens une sorte de gêne en leur parlant de ce que je fais, combien de temps je reste. J'en dis à peine, mais cela suffit à me faire rougir de honte.\\ En ressortant je parle à Ammar de ce sentiment de honte. Ça a toujours été comme ça finalement, avec tous les Khodshy, depuis ma rencontre avec Ziad… »// | > //« Nous revenions à Taez avec Ammar après une longue balade sur les hauteurs de Djébel Sabir, et Ammar avait proposé de s'arrêter dans un restaurant “standing” pour y manger un hamburger. Quelques instants après nous, entraient deux jeunes femmes d'allure européenne, accompagnées de deux Yéménites.\\ Nous mangeons nos hamburgers, et j'essaie d'ignorer les remarques de Ammar sur les charmes respectifs de chacune d'elles. Je lui dis même “'Ayb, comme les Yéménites, tu ne fais pas de commentaire…”. Mais à la fin je décide d'aller les voir, pour me renseigner sur ce qu'elles font à Taez. Toutes deux sont à DIA((DIA - Social Justice in Development : association humanitaire basée à Marseille, qui intervenait sur Taez auprès des akhdâm (population noire locale qui forme une caste stigmatisée).)) : Rebecca depuis 2 ans, Ilham depuis 4 mois. “Tu es là depuis juillet? Comment ça se fait? Il y a quatre Français à Taez, et on ne te connait pas?” L'autre (qui a lu mes articles) remarque : “C'est un ethnologue, il est fondu dans la société...”. Je leur dis que je serais heureux de les rencontrer, s'il y a une occasion. Mais je ressens une sorte de gêne en leur parlant de ce que je fais, combien de temps je reste. J'en dis à peine, mais cela suffit à me faire rougir de honte.\\ En ressortant je parle à Ammar de ce sentiment de honte. Ça a toujours été comme ça finalement, avec tous les Khodshy, depuis ma rencontre avec Ziad… »// |
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| S’ensuit une longue discussion avec Ammar, et le soir une insomnie, que j’évoque avec un certain lyrisme : | S’ensuit une longue discussion avec Ammar, et le soir une insomnie, que j’évoque avec un certain lyrisme : |
| > //Mais je me réveille vers 9h, ayant très peu dormi, je n'ai pas la pêche, je ne me sens pas de monter sur scène. Je déconstruis ce projet : c'était surement une illusion du rêve : en fait je ne suis pas en position de faire ça. Du coup je suis vraiment en détresse, parce que c'est aujourd'hui que l'ultimatum a expiré.\\ Finalement, j'aboutis à la conclusion que toutes ces phrases que j'ai fomentées, je les ai déjà dites. Et que si elles ne sont pas entendues, c'est qu'elles ne peuvent pas l'être dans la situation d'élocution actuelle. Je suis beaucoup plus fort si j'arrive à être là au milieu, simplement en n’étant pas dupe, ça se voit, ça suffit pour découvrir le pot aux roses. Notamment sur le fait que Khaled ou Ali ne peuvent en rien jouer le rôle de tierce partie, puisqu'ils sont la société sur laquelle Yazid se calque. Yazid est entièrement déterminé par la société qui l'entoure - je retrouve cette constatation de 2003 sur Ziad : il est la société, ils sont les individus… Et puis Yazid décidera de me rembourser quand il voudra. Je veux être soufi : accepter que je ne peux rien faire. C'est une vraie libération.// | > //Mais je me réveille vers 9h, ayant très peu dormi, je n'ai pas la pêche, je ne me sens pas de monter sur scène. Je déconstruis ce projet : c'était surement une illusion du rêve : en fait je ne suis pas en position de faire ça. Du coup je suis vraiment en détresse, parce que c'est aujourd'hui que l'ultimatum a expiré.\\ Finalement, j'aboutis à la conclusion que toutes ces phrases que j'ai fomentées, je les ai déjà dites. Et que si elles ne sont pas entendues, c'est qu'elles ne peuvent pas l'être dans la situation d'élocution actuelle. Je suis beaucoup plus fort si j'arrive à être là au milieu, simplement en n’étant pas dupe, ça se voit, ça suffit pour découvrir le pot aux roses. Notamment sur le fait que Khaled ou Ali ne peuvent en rien jouer le rôle de tierce partie, puisqu'ils sont la société sur laquelle Yazid se calque. Yazid est entièrement déterminé par la société qui l'entoure - je retrouve cette constatation de 2003 sur Ziad : il est la société, ils sont les individus… Et puis Yazid décidera de me rembourser quand il voudra. Je veux être soufi : accepter que je ne peux rien faire. C'est une vraie libération.// |
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| > //Du coup je sors avec mon chapelet, innocent, je me pose dans le quartier, je suis soudain très proche de Ziad.\\ Me pose sur madka [accoudoir yéménite] sur la margelle [estrade dans la rue de Ziad, en contre-bas de la pièce].\\ Je vois [la jeune fille] sortir du bus [de l’école] avec une amie.\\ Yazid entre dans le quartier, me lance des pierres. Je reste en me protégeant, je ne veux pas partir, je m'accroche.\\ Attroupement se forme (en fait il est hésitant Yazid, ce sont les autres qui le sont moins).\\ Ziad court après Yazid avec sa //gambiyya//[[fr:termes:jambiyya|°]], puis disparaît. Yazid ressort avec barre de fer. On veut m'éloigner, mais je reste, je me défends, j'argumente.\\ “Quoi je m'en vais? C'est ça, un en prison, l'autre à l'hôtel, et le petit jeu continue”\\ ou bien “C'est lui qui m'a proposé de construire la pièce…”\\ Et que je demande l'argent, et que tout le monde fuit.\\ Finalement on veut m'éloigner, mais je reste, continue de lancer “C'est toi qui emprisonne ton frère”\\ (je l'avais déjà dit au début à Yazid, et Ziad avait lancé un “Toi ça te regarde pas”, mais n'avait pas insisté. C'est là-dessus qu'il n'a pas su se décider, et qu'il a fui).\\ Ensuite, le Chouchou et Ramzi et un autre, me prennent et me forcent à partir. Je récupère mon coffre qu'ils ont jeté par le balcon et dans la benne.// | > //Du coup je sors avec mon chapelet, innocent, je me pose dans le quartier, je suis soudain très proche de Ziad.\\ Me pose sur madka [accoudoir yéménite] sur la margelle [estrade dans la rue de Ziad, en contre-bas de la pièce].\\ Je vois [la jeune fille] sortir du bus [de l’école] avec une amie.\\ Yazid entre dans le quartier, me lance des pierres. Je reste en me protégeant, je ne veux pas partir, je m'accroche.\\ Attroupement se forme (en fait il est hésitant Yazid, ce sont les autres qui le sont moins).\\ Ziad court après Yazid avec sa gambiyya[[fr:termes:jambiyya|°]], puis disparaît. Yazid ressort avec barre de fer. On veut m'éloigner, mais je reste, je me défends, j'argumente.\\ “Quoi je m'en vais? C'est ça, un en prison, l'autre à l'hôtel, et le petit jeu continue”\\ ou bien “C'est lui qui m'a proposé de construire la pièce…”\\ Et que je demande l'argent, et que tout le monde fuit.\\ Finalement on veut m'éloigner, mais je reste, continue de lancer “C'est toi qui emprisonne ton frère”\\ (je l'avais déjà dit au début à Yazid, et Ziad avait lancé un “Toi ça te regarde pas”, mais n'avait pas insisté. C'est là-dessus qu'il n'a pas su se décider, et qu'il a fui).\\ Ensuite, le Chouchou et Ramzi et un autre, me prennent et me forcent à partir. Je récupère mon coffre qu'ils ont jeté par le balcon et dans la benne.// |
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| > //Je fais mes affaires avec Arafat Mansour.\\ Déjeuner chez Lotfi. Je pleure. Ra'fat vient.\\ Bus.// | > //Je fais mes affaires avec Arafat Mansour.\\ Déjeuner chez Lotfi. Je pleure. Ra'fat vient.\\ Bus.// |