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fr:atelier:islam:reve_du_12_04_2023

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fr:atelier:islam:reve_du_12_04_2023 [2023/04/12 15:31] – mansourfr:atelier:islam:reve_du_12_04_2023 [2026/10/30 21:04] (Version actuelle) – correction syntaxe (suite MàJ Dokuwiki) mansour
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 ====== Un jeune homme de dos ====== ====== Un jeune homme de dos ======
 //Je pousse la porte d’un café pour demander un verre d’eau, dans un bled quelque part en France, mais je perçois d’emblée une ambiance bizarre. Il y a une douzaine d’adolescents, penchés sur leur portable à écouter des clips de raps, et qui ne semblent pas être des clients. Moi je suis rentré avec mon vélo, que je pousse jusqu’au comptoir sans que personne ne me dise rien. Un escalier monte vers une mezzanine près du comptoir, et je comprends que la patronne est en haut. Les adolescents l’appellent depuis le bas de l’escalier - mais au lieu de la prévenir qu’il y a un client, ils lui parlent d’un jeune homme, dont il va falloir faire la toilette. Le jeune homme en question est lui aussi près du comptoir, et il me tourne le dos. Grand de taille, il a le visage tourné vers les instructions du menu affichées en hauteur, qu’il vient de lire à haute voix, juste avant que les adolescents n’interpellent la patronne. Sa voix était parfaitement claire et distincte, mais je n’ai pas bien compris si cette lecture m’était adressée. La patronne finit par descendre, et prend ma commande. Elle a l’air complètement débordée.\\ //Je pousse la porte d’un café pour demander un verre d’eau, dans un bled quelque part en France, mais je perçois d’emblée une ambiance bizarre. Il y a une douzaine d’adolescents, penchés sur leur portable à écouter des clips de raps, et qui ne semblent pas être des clients. Moi je suis rentré avec mon vélo, que je pousse jusqu’au comptoir sans que personne ne me dise rien. Un escalier monte vers une mezzanine près du comptoir, et je comprends que la patronne est en haut. Les adolescents l’appellent depuis le bas de l’escalier - mais au lieu de la prévenir qu’il y a un client, ils lui parlent d’un jeune homme, dont il va falloir faire la toilette. Le jeune homme en question est lui aussi près du comptoir, et il me tourne le dos. Grand de taille, il a le visage tourné vers les instructions du menu affichées en hauteur, qu’il vient de lire à haute voix, juste avant que les adolescents n’interpellent la patronne. Sa voix était parfaitement claire et distincte, mais je n’ai pas bien compris si cette lecture m’était adressée. La patronne finit par descendre, et prend ma commande. Elle a l’air complètement débordée.\\
-Les adolescents continuent d’évoquer la toilette du jeune homme, sans nous épargner les détails. Apparemment il souffre d’une forme d’incontinence au niveau des excréments. Il porte un survêtement et des chaussons qui sont les siens, que personne ne lui emprunte parce qu’il les souille constamment. Je m’assois avec ma limonade. Le jeune homme est près de moi, mais il me tourne toujours le dos. Je comprends qu’il est monté plusieurs fois vivre à Paris, qu’il a occupé divers postes, mais chaque fois son problème a conduit à son licenciement. //« Il devrait porter des couches »//, disent les adolescents. Ils parlent aussi de la Loi Veil de 1975, qui a dépénalisé l’avortement. Le jeune homme a été conçu à cette époque, ils disent que c’est lié mais je n’arrive pas à comprendre : un accident d’aiguille-à-tricoter, qui aurait causé cette incontinence ? //« C’est à cause de leur loi… »//, disent-ils derrière moi, avec des accents complotistes. La patronne derrière moi essuie ses verres et ne dit rien.\\+Les adolescents continuent d’évoquer la toilette du jeune homme, sans nous épargner les détails. Apparemment il souffre d’une forme d’incontinence au niveau des excréments. Il porte un survêtement et des chaussons qui sont les siens, que personne ne lui emprunte parce qu’il les souille constamment. Je m’assois avec ma limonade. Le jeune homme est près de moi, mais il me tourne toujours le dos. Je comprends qu’il est monté plusieurs fois vivre à Paris, qu’il a occupé divers postes, mais chaque fois son problème a conduit à son licenciement. « Il devrait porter des couches », disent les adolescents. Ils parlent aussi de la Loi Veil de 1975, qui a dépénalisé l’avortement. Le jeune homme a été conçu à cette époque, ils disent que c’est lié mais je n’arrive pas à comprendre : un accident d’aiguille-à-tricoter, qui aurait causé cette incontinence ? « C’est à cause de leur loi… », disent-ils derrière moi, avec des accents complotistes. La patronne derrière moi essuie ses verres et ne dit rien.\\
 Devant moi, le jeune homme me tourne toujours le dos. La gravité de son handicap mental m’est toujours difficile à évaluer, faute d’interaction directe. J’ai pourtant l’intuition de pouvoir l’aider, si j’arrivais à nouer le contact. Je me retire dans mes pensées, plonge dans ma propre histoire comme dans une caisse à outils : j’essaie d’imaginer ce qu’il en penserait, l’effet thérapeutique qu’elle pourrait avoir sur lui…// Devant moi, le jeune homme me tourne toujours le dos. La gravité de son handicap mental m’est toujours difficile à évaluer, faute d’interaction directe. J’ai pourtant l’intuition de pouvoir l’aider, si j’arrivais à nouer le contact. Je me retire dans mes pensées, plonge dans ma propre histoire comme dans une caisse à outils : j’essaie d’imaginer ce qu’il en penserait, l’effet thérapeutique qu’elle pourrait avoir sur lui…//
  
fr/atelier/islam/reve_du_12_04_2023.txt · Dernière modification : de mansour

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