===== Le diagnostique général ===== [[fr:explorer:auteurs:gregory_bateson:accueil|Gregory Bateson]] l'avait déjà formulé en son temps : la crise écologique est d'abord une crise de la pensée. Tous les domaines de nos vies sont aujourd'hui livrés à des schémas intellectuels d'une extrême trivialité. Ceci au nom du « progrès scientifique » et d'une spécialisation disciplinaire supposée inéluctable - alors qu'elle n'est qu'un moyen pour déléguer à des algorithmes la conduite intellectuelle de nos destinées collectives. Ainsi dans tous les domaines, des disciplines imposent un certain découpage du réel, certaines causalités établies sur des bases extrêmement faibles, que nous suivons pourtant par conformisme, pour ne pas passer pour "complotistes" ou inconvenants. Il faut pourtant bien que la honte change de camps. Mon travail m'a conduit à identifier deux tendances lourdes de notre époque : * Hégémonie des sciences physiques sur la biologie et les sciences humaines, donc sur l'écologie. * Abolition de l'Orient, inculture théologique, dévoiement de la laïcité. Ces deux facteurs se combinent pour former les angles morts de notre temps : une certaine **interférence des questions écologique et postcoloniale**, bruyamment dénoncée par les éditorialistes (polémiques sur « l'islamo-gauchisme »), qui finalement verrouille tout débat public.\\ Cette situation nous paralyse, car elle nous empêche d'identifier les formes contemporaines de la vulgarité intellectuelle dualiste. Mon enquête au Yémen - cheminement d'un physicien aux prises avec la complexité spécifique du vivant sur le terrain de l'Islam - peut servir de révélateur. Et au-delà, un levier d'action réside dans une critique batesonienne remise au goût du jour, axée sur la compréhension systémique des rapports entre sciences sociales et monothéismes, seule à même de refonder l'arène de la laïcité. [[accueil|Accueil théologie]]